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  • : La destination de ce blog est d'être une sorte de journal intime de mon activité d'artiste peintre. J'ai ouvert un deuxième blog, thomaschevalier.tumblr.com, qui ne comportera que des images.
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:46

Quelques images de mes travaux de ces derniers mois. Pour les deux dernières monstrations, dans ma région et au salon MAC Paris 2014, j'ai assemblé les châssis en séquence ainsi que je l'avais précisé dans un article précédent.

montageBlog.jpg

Ces cinq huiles sont toujours dans ce même format, 116 x 89.

L'image suivante reproduit deux compositions superposées. J'avais d'abord réalisé le crâne d'après un modèle que ma compagne avait trouvé dans la forêt en promenant Jules-le-chien. Il me parassait un peu seul dans le cadre du tableau mais la manière dont j'avais appuyé mon sujet de deux aplats de noir m'a inspiré ce jeu de lignes me permettant de lui associer une nature morte dont le denuement renvoie à celui du crâne. Malgré que la réalisation du deuxième tableau ait été différée, ils vallent maintenant comme un tout, ce qui n'est pas le cas des tableaux représentés plus haut qu'on peut tout à fait dissocier.

 

natMorteUpsideDown.jpg

(chacun des châssis en format 116 x 89)

J'ai une affection particulière pour les deux portraits de Juliette. Juliette est la fille de ma compagne, en la prenant comme modèle, je me suis exposé aux critiques croisées de sa mère ("Mais elle est la chaire de ma chaire") et de sa grand-mère ("j'aime la facture, mais ce n'est pas elle"). J'ai remarqué que cette tentative d'une représentation fidèle dans l'exercice du portrait exposait plus à la critique que si l'on exécute un travail plus stylisé. Je suis peut-être maladroit, finalement, mais pour ne pas trop malmener mon égo, je me plais à penser que l'image que nous avons de nos proches se construit dans une synthèse d'images superposées, une expression d'eux en évoquant d'autres antérieures. En travaillant, on fige une expression particulière, il n'y a plus rien de la mobilité d'un visage, cette mobilité même qui nous est familière. J'en veux pour preuve que si nous les identifions, nous reconnaissons rarement nos amis sur une photo.

Juliette me touche, d'autres me touchent aussi de ces âges, post-adolescents, un certain désarroi, une interrogation aigue sur ce que le monde donne à voir, une angoisse de ne pas y trouver sa place ou à l'inverse, la fraîcheur d'un sourire, sa spontanéïté, la manifestation de l'enfant qu'ils sont encore. Ce sourire, je l'ai trouvée chez Clémentine, j'ai bien l'intention de la portraiturer quitte à m'exposer à nouveau aux critiques de ses proches.

 

DSCN4850.JPG

 

DSCN4880

Les traits bien dessinnés de Juliette me donnaient envie de la portraiturer en estampe, à la manière des estampes japonaises où le dessin en noir se superpose à un léger lavis à l'amidon de riz. Je manque évidemment de pratique pour être capable de réaliser à la gouge sur bois de merisier ces courbes gracieuses d'un trait assuré (il faudra bien que je me décide à faire cette tentative, résoudre cette difficulté majeure, évider le bois autour d'un relief de la finesse d'un cheveux, puisqu'en gravure sur bois, c'est le relief qu'on encre). Si j'ai pris le parti de ces fonds clairs, d'un effet légèrement surexposé, c'est en raison de cette intention initiale. J'ai réalisé un troisième portrait de Juliette, de profil et cadré très serré dans l'idée de pousser plus loin mon idée. Je ne vous livre pas l'image, je ne suis pas assez satisfait du résultat.

A la suite, d'autres reproductions de travaux récents.

DSCN4859.JPG

Celui-ci m'amuse pour le contraste entre une représentation très graphique des fonds (silos d'Anglure, à quelques kilomètres de l'atelier) et ce bonhomme surpris alors qu'il quittait son lieu de travail. J'ai réalisé la photo qui m'a servi de modèle à la volée pour constater en l'étudiant plus précisemment qu'il tenait une bouteille de vin rouge à la main. Quelqu'un m'avait dit qu'il aurait acheté le tableau si il n'y avait pas eu la bouteille alors que c'est cet objet qui provoqua le désir d'en faire un tableau. Les gens prèférent en général des compositions qui ne sont qu'un exercice graphique, j'ai constaté qu'un tableau abstrait se vendait plus aisément qu'un portrait. Beaucoup de gens sont génés par l'expression d'une humanité. Lui donner droit de cité dans un intérieur, c'est comme une intrusion dans leur intimité. A ce sujet, je pense à cet ami qui m'avait acheté un portrait de jeune fille, en pied, frontal, et légèrement surdimenssionné (2m20). Il l'avait accroché au dessus de sa table de salle à manger. C'était la représentation de la fille d'une amie qui bourrait un oeil noir, sans concession, je l'avais figurée de manière que son regard épingle le regardeur, droit dans les yeux. Cet ami m'a raconté plus tard que certains convives étaient à ce point impressionnés qu'ils baissaient les yeux et que les conversations tournaient court. 

 

DSCN4853.JPG

J'ai du déjà présenter celui ci dans ces pages. Il est peut-être le premier de ce qui pourrait être une série. Il représente un sol. Dans son traitement, il me ramène à un exercice pratiqué dans les ateliers de peinture de décor de ma jeunesse, un plaisir pur de travailler des matières complexes, des transparences (faux bois, faux marbres). Je m'amuse qu'une représentation scrupuleuse puisse sembler un exercice d'abstraction pure.

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Published by Thomas Chevalier, peintre.
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