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  • : La destination de ce blog est d'être une sorte de journal intime de mon activité d'artiste peintre. J'ai ouvert un deuxième blog, thomaschevalier.tumblr.com, qui ne comportera que des images.
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 15:11
Huile sur toile, 150 x 150 cm.

Huile sur toile, 150 x 150 cm.

Huile sur toile, 150 x 150 cm.

Huile sur toile, 150 x 150 cm.

Huile sur toile, 150 x 150 cm

Huile sur toile, 150 x 150 cm

Huile sur toile, 100 x 100 cm.

Huile sur toile, 100 x 100 cm.

Derniers tableaux, 2017

Le tableau reproduit dans la dernière image a encore été construit à partir d'une composition monochrome d'Eugène, il s'intitulerait (paresseusement) "palimpseste 2". Deux nouvelles compositions du même type sont en gestation. Je suis gêné depuis ce début d'année par un désir de compositions moins minimales sans réussir à en trouver le principe. Dernièrement, Eugène m'a montré la série d'encres qu'il vient de réaliser. Il les accumule par centaines. Je suis toujours envieux de la facilité avec laquelle il se laisse porter par son inspiration, nous sommes si différents dans notre pratique. Il travaille dans la spontanéité du geste quand je ne commence jamais un tableau sans l'avoir préparé. Je pars d'une image composée à l'écran, dans les proportions. En cours d'élaboration, je photographie mon tableau pour chercher les corrections sur Photoshop. Ces aller-retours peuvent me faire superposer quatre ou plus versions du même tableau. Il m'arrive aussi de les laisser dormir en attendant le déclic, ce fut le cas pour le petit portrait de femme (Nouché) dont j'avais réalisé la première version il y a peut-être un an sans en être satisfait.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 16:46
Huile sur toile / 190 x 190 cm / Octobre 2016

Huile sur toile / 190 x 190 cm / Octobre 2016

Celui-ci a été réalisé à partir d'une toile d'Eugène dont il ne voulait plus. Il m'avait proposé d'en récupérer le châssis et la toile en la retournant. Il l'avait réalisée dans cette série des blancs sur blanc où il jouait des effets d'épaisseur pour évoquer ses formes.

Eugène Lamsweerde / Acrylique sur toile / 190 x 190 cm

Eugène Lamsweerde / Acrylique sur toile / 190 x 190 cm

J'aimais mieux l'idée de repartir des sa toile. J'aimais le dynamisme de ces deux virgules en épaisseurs de blanc et pensais tout de suite jouer d'une contradiction de formes, leur opposer un motif centré bien statique. Certes, statique fut-il, massif en vérité dans le début de son exécution... J'avais trop monté les contrastes à l'ébauche en perdant la transparence des tons ne me laissant d'autre recours que de travailler pleine pâte. Les glâcis de blanc m'ont sauvé la mise, sinon le truc eut été bien... Massif.

 

 

Etape intermédiare, avant retouches et glacis de blanc.

Etape intermédiare, avant retouches et glacis de blanc.

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 21:26
repro 1

repro 1

repro 2

repro 2

Biennale de Cachan, "Max etc..."

Repro 1 / Biennale de Cachan.

"Max in memoriam", le tableau dans le contexte de la biennale de Cachan, en remerciant l'équipe de l'Orangerie pour le soin porté à l"accrochage. Au sujet de ce tableau, si je l'ai déjà présenté dans ce blog, je suis resté assez laconique dans mes légendes. J'ai du évoquer le thème imposé sans expliquer le choix de la composition. Le dossier d'appel à candidature à la biennale suggérait la filiation évidente des années Dada et de ses multiples avatars contemporains. Je n'ai pas suivi le fil, pas forcément selon une intention déterminée.

Il se trouve qu'à la lecture de l'énoncé du thème, la 1ere guerre mondiale, les premières images qui me soient venu à l'esprit était celles d'Otto Dix et Max Beckmann. En précisant cette impulsion , j'en suis venu à cette série d'eaux fortes qui m'avaient tant frappé à l'occasion de l'exposition que Beaubourg avait consacrée à ce dernier. Puis en consultant des images d'archive, j'ai trouvé une photo de champ de bataille colorisée en ocre. La réalité dont tentait de rendre compte l'image supposait de l'empâtement, de la terre et de l'épaisseur, alors l'idée d'un triptyque qui tenterait l'opposition d'un portrait gros plan traité dans la légèreté des transparences, évanescent et précis comme un souvenir prégnant, d'un volet central en empâtement à la manière expressionniste, quasi monochrome, et d'une partie gauche jouant de la force d'un graphisme aigu à l'imitation de Beckmann, noir sur le blanc de la toile enduite s'est imposée. Trois images dissemblables, trois manières de peindre, restait que le tableau devait être un tout et parties, il fallait un élément graphique qui lie les trois volets, un bandeau rouge qui joue en harmonie vivace dans les dominantes des trois parties.

Le souci dans l'aventure, c'est de toujours douter de la validité de ses choix. La solution, c'est de s'en foutre de ces doutes, advienne que pourra, l'aventure est dans le tableau, quelque soit le postulat de départ... Dans l'évolution de mon travail, je m'aperçois avec de plus en plus de précision que je tourne toujours autour d'une même tentative, mettre en ordre des signes contradictoires, un souci des contrastes qui outrepasse la loi des complémentaires ou des valeurs opposées. Dans ce jeu des oppositions s'exprime en creux un sentiment double qu'Eugène avait simplement traduit en considérant mon tableau: "et pourtant, ça fonctionne..." La réussite d'une composition reposerait sur son ambiguïté ?

Repro 2 (huile sur toile, 150 x 150 cm) / Si je dois lui donner un titre, à celui-là, ce serait en référence aux sculptures d'Eugène qu'il garde dans un grenier. Le motif est tiré de quelques photos de ces travaux et de leur contexte. Je ne sais pas inventer, ça ne m'intéresse pas, j'ai tant de plaisir à me laisser surprendre par ce qui m'est donné à voir. J'imagine que ces sculptures, Eugène les a réalisées dans la spontanéité du geste, ce que j'en retient? Le sentiment d'une forme complexe dans une matière bien particulière que jamais je n'aurais su imaginer. Dans l'évidence de sa matérialité (une terre cuite patinée de ses trente ans d'existence), elle me parle d'émotion.

J'ai déjà publié une reproduction de la version de base du tableau, avant que je fasse apparaître la trame qui se superpose à l'image initiale. Depuis le départ, je savais que le tableau ne se limiterait pas à sa première forme, mais il m'a fallu laisser dormir la toile une bonne semaine avant de trouver ce graphisme tout bête, une succession de traits qui traverse la toile.

Eugène m'avait dit que dans son travail de plasticien, il cherchait le mystère de l'existence. André Lothe ne disait pas autre chose quand il expliquait qu'en toute chose qui lui était donné à voir, il cherchait les "lignes de force" qui structuraient les signes et que le cubisme n'était qu'un jeu de déconstruction/reconstruction tendant à rendre ces lignes apparentes. Pour ce qui me concerne, ma tentative en peinture serait le reflet de la tentative fondamentale de ma pauvre vie, harmoniser le flux des sentiments contradictoires qui me traversent sans cesse, en atténuer la violence en les hiérarchisant.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 19:02
Janvier / Février 2016, derniers tableaux.
Janvier / Février 2016, derniers tableaux.
Janvier / Février 2016, derniers tableaux.

Dans l'ordre : 1° Huile sur toile, 150 x 150 cm (janvier 2016), une manière de renouer avec mes premiers thèmes de prédilection en revenant d'un séjour dans cet endroit de Grèce où j'avais passé tant de délicieux moments. Les troncs d'oliviers y exercent toujours sur moi leur pouvoir de fascination. Mon petit jeu sur le quadrillage m'a conduit à radicaliser la confrontation des signes purement graphique et figuratifs. Les châssis en formats carrés qu'Eugène m'a si gentiment donné n'y sont pas pour rien, je dois avouer que ce format précis, 150 x 150 est somptueux, impossible qu'une mauvaise reproduction en traduise l'impact.

2° J'ai toujours ces flous de Richter en tête, ce portrait de Pom (huile sur toile, 70 x 70 cm, février 2016) est bien loin d'atteindre la perfection de ce maître absolu. Sinon cette référence qui me travaille depuis longtemps, j'ai cherché ce procédé qui consiste à déterminer un avant plan en superposant des formes nettes sur un arrière plan flouté.

3° Un triptyque réalisé pour répondre à un appel à candidature . Quand je l'ai montré à Eugène, il est resté un moment silencieux avant de me dire "tu es vraiment un ami surprenant". Je ne sais pas très bien comment il faut l'entendre... Le portrait est celui de Max Beckmann et le volet de gauche directement inspiré des pointes sèches qu'il réalisa après avoir été infirmier pendant la première guerre mondiale (huile sur toile, 89 x 230 cm, janvier 2016).

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 15:35
Fig.1 /

Fig.1 /

Fig.2 /

Fig.2 /

Fig.3 / huile sur toile / 70 cm x 70 cm / novembre 2015

Fig.3 / huile sur toile / 70 cm x 70 cm / novembre 2015

Pour accéder aux reproductions seules, thomaschevalier.tumblr.com

Ici représentés, les six petits formats (fig.1) qui ont inauguré la série des derniers tableaux et une toile en 70 x 70cm (fig.3). Au mois d'octobre, je m'étais trouvé en panne d'inspiration, plutôt tétanisé : animé de la nécessité mercantile de peindre des petites compositions, je n'arrivais pas à trouver la direction à prendre. C'est en me souvenant des travaux d'Aurélie Neumours et de certaines affiches de Vincent que j'ai imaginé choisir un motif (le drapé) pour le déconstruire à partir d'une grille, en l'occurrence, comme je disposais de ces petits châssis 24 x 30, une grille de six centimètres sur six. Le petit jeu qu'autorise ce type de travaux est qu'on peut s'amuser à les assembler (fig.2) dans n'importe quel sens, il se reconstituera toujours un motif. De composer à partir d'une grille est un truc vieux comme la peinture, Seurat en avait fait une obsession d'où le caractère un peu "raide" de ses compositions. Je me suis toujours demandé pourquoi, même en travaillant librement sur le motif, on finissait par le trouver satisfaisant en constatant qu'on l'avait inconsciemment organisé selon un principe géométrique : des masses colorées organisées en fonction d'une diagonale ou en proportion du cadre du tableau. J'imagine que les deux hémisphères de nos cerveaux y sont pour quelque chose, un droit, un gauche, un œil droit, un œil gauche, du coup, on ne se satisfait que de ce qui respecte une symétrie et même si une certaine complexité de l'âme humaine nous pousse à la pervertir, en cherchant bien, on la retrouve toujours comme principe fondateur. Prenez les compositions de Basquia, par exemple, aussi spontanées soient-elles, elles répondent aux règles de compositions classiques qui ne sont que des variations sur le thème de la symétrie. A bien y réfléchir, on pense notre monde en terme d'alternative, le bien / le mal, la gauche / la droite etc... On gagnerait peut-être à envisager les chose de manière plus linéaire, finalement.

Comme beaucoup d'entre nous j'ai suivi les nouvelles, pratiquement heure par heure, ce qui ne me change pas tant : depuis vingt ans, je vis avec la radio, France culture en vérité, une radio qui cause pour occuper une certaine vacuité inhérente à l'activité de la peinture (c'est ce vide qui a permis aux peintres d'imaginer des trucs compliqués, comme l'art conceptuel par exemple). Je suis toujours sous l'émotion des attentats de vendredi dernier et de leur suite. Je ne peux pas m'empêcher de mettre en perspective le peu de cas que font les djihadistes de la vie humaine et l'obstination dont a fait preuve le personnel soignant du service d'hépato d'Henri Mondor pour me garder vivant. Ma petite personne aurait-elle tant d'importance qu'elle justifie par exemple les trois équipes chirurgicales qui se sont succédées pendant douze heures au-dessus de mon corps éventré (dieu merci inconscient) et les sommes folles qu'aura coûté à la collectivité le médicament qui m'a finalement soigné ? Impossible de ne pas réaliser que ce n'est pas moi, individu lambda, qui ait occasionné ce chambard, mais plutôt ce principe basique et inébranlable que la mort d'un homme est inacceptable... La mort de tout homme est inacceptable??? L'occident est-il si attentif, par exemple, aux milliers de morts civils qu'a occasionné l'intervention américaine en Irak? La contradiction est à ce point évidente qu'elle reste un impensé du plus grand nombre selon ce principe très humain, surtout ne pas considérer ce qui apparaît le plus évidemment !

Les Djihadistes pour leur part fonctionnent selon un schéma archaïque qui fut aussi le notre sous l'ancien régime : Une puissance supérieure et transcendante, dieu, impose un ordre moral et social, transgresser cet ordre, c'est offenser dieu. Dans cette perspective, la vie des hommes ne compte que dans la mesure où ils appartiennent au monde des élus de dieu, et qu'ils respectent l'ordre de dieu. Il est aussi symptomatique que leur rhétorique fasse systématiquement référence au califat, un ordre antérieur au XIIIe siècle mais l'ordre de dieu est intemporel, n'est-il pas ?

Nos humanismes contemporains occidentaux ont, depuis la révolution française, placé l'homme en haut de l'échelle (culte de l'être suprême), ils ont supprimé l'étage supérieur, dieu, en restant dans la logique des trois monothéismes dont la cosmogonie supposait que l'univers entier s'organise selon et au service de l'homme. L'homme, symbole de toute humanité (au centre de l'univers), donc aussi puissance supérieure et transcendante,​ impose un ordre moral et social, transgresser cet ordre moral et social, c'est offenser l'humanité, attenter à la​​ vie humaine, c'est offenser l'humanité​.

Question mythologie fédératrice, à ce stade, on serait à égalité avec les djihadistes, un schéma simple de la pensée occidentale s'opposerait à un schéma simple de la pensée des fondamentalistes religieux. L'homme contre dieu envisagés selon des valeurs équivalentes.

Mais voilà, là où ça coince, c'est que du côté des humanismes occidentaux, on est en plein marasme. D'avoir placé l'homme en haut de l'échelle a libéré la connaissance, il n'était plus d'ordre naturel immuable établi par dieu mais un univers à notre service qu'il nous était nécessaire d'explorer pour en tirer tous les fruits possibles. Et la science d'y aller de son train d'enfer... Le retour de bâton, c'est que les avancés de la science remettent à peu près systématiquement en question ce postulat d'un ordre hiérarchique naturel au sommet duquel serait l'homme. Et pire, on s'aperçoit que notre activité détruit notre toute petite planète et que la prolifération de notre espèce risque bien de nous rejeter dans le vide intersidéral ("Interstellar", le film de Christopher Nolan).

On peut chercher bien des raisons aux succès de la propagande djihadiste, invoquer comme Onfray la responsabilité des interventions internationales au moyen orient (certes, l'intervention en Irak fut une connerie monumentale) ou incriminer le malaise des banlieues et toutim, mais difficile de ne pas convenir que le doute existentiel qui travaille nos sociétés occidentales nous fragilise face à tous ceux qui prônent un retour aux valeurs traditionnelles, qu'elles soient humanistes (l'humanisme comme idéologie) comme la droite, front national en tête, ou religieuses comme les fondamentalistes chrétiens, juifs ou musulmans.

Je pourrai reprendre la formule de Malraux en prophétisant, "le XXI e siècle sera écologique ou ne sera pas" tant il me parait évident que ce n'est qu'en construisant une fiction fédératrice autour de la réconciliation de l'homme et de son milieu naturel qu'on pourra sortir du vide existentiel qui nous tétanise, ce qui suppose, et c'est bien tout le problème, une remise en question radicale de nos habitudes quotidiennes et de nos économies (qui, à l'inverse, s'accommoderaient sans peine de tout fondamentalisme). C'est bien la difficulté du discours écologique qu'il représente le diable pour l'ordre établi, infiniment plus, quoi qu'on en dise, que ces connards d'assassins djihadistes.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 12:24
Le travail sur le motif et quelques réflexions circonstancielles
Le travail sur le motif et quelques réflexions circonstancielles
Le travail sur le motif et quelques réflexions circonstancielles

Pour accéder aux reproductions seules, thomaschevalier.tumblr.com

Depuis cette impulsion qui me fit réaliser une copie / interprétation d'une assomptrion de Nicolas Poussin (cf les articles du mois de juillet), j'ai travaillé sur le motif du drapé en poursuivant une recherche formelle qui m'éloigne des préoccupations qui m'ont animé dans la réalisation, par exemple, de mes portraits ou de scènes de genre où je tentait de saisir quelque chose d'une humanité, même si une tentation formaliste parasitait systématiquement mes représentations. C'est donc occupé d'un souci purement ésthétique que j'ai reçu, comme un rappel impératif à cette humanité, la nouvelle des attentats de Daech à Paris et Saint-Denis. A cet instant, et, faites excuse, cet article sera sans doute aussi décousu que mes pensées, je me pose la question de la légitimité de poursuivre une recherche formelle dans des circonstances qui supposeraient au minimum un engagement.  C'est dans un certain marasme de mes réflexions que je me permettrai quelques digressions d'ordre politique.

A l'annonce des attentats, il n'y a pas eut de surprise, l'enchaînement des faits paraissait depuis longtemps inéluctable, l'évènement n'en est pas moins traumatique. Il marque en tout cas une étape dans le regard que je pose sur nos politiques. Les faits interviennent au cours d'une campagne électorale qui ne nous a rien épargné des traditionnelles antiennes, suscitant notre désabusement agacé. Malgré la déconnection sans cesse confirmée du discours politique, il nous faudra choisir entre un socialisme économiquement libéral, une droite flirtant avec les extrêmes et le parti (extrême) de Marine Le Pen. Mais voilà, dans ces circonstances la question n'est plus de faire un choix de société mais bien de se déterminer sur ceux qui seront le plus aptes à faire face aux évènements. Dans cette perpective, à coup sûr, je crains comme la peste les rodomontades liberticides de Sarkosy et l'atterrant simplisme revenchard et surranné du Front Nationnal. Quoi que j'ai pu dire et médire de François Hollande, je l'approuve dans ses positions face à Daech. Je préfère de loin sa détermination attentive et mesurée aux conneries vindicatives dont notre précédent président nous avait abreuvé. J'ai approuvé la position du "ni Daech, ni Assad" et si il doit l'abandonner, je lui reste gré de l'avoir tenue. J'approuve aussi sa réaction aux attentats, je l'entends quand il nous déclare en guerre et lui suis encore gré de vouloir réviser la législation de l'état d'urgence qui dans sa définition actuelle nous renvoie au gaulisme des années cinquante (parce qu'évidemment, le problème de la légalité est à cet endroit crucial). Il y a une responsabilité historique de notre électorat face l'agression de l'El qui l'engage au même titre que la responsabilité de l'électorat allemand qui porta Hitler au pouvoir fut engagée. Pour moi, la question n'est plus de savoir dans quel sens j'aimerais voir notre politique s'infléchir, mais comment tenter de sauver nos acquis, liberté d'expression en tête. Dans la galerie des politiques en scène, je préfère encore Hollande et je ne ferai rien, dans cet acte dérisoire de voter, qui puisse l'affaiblir.

Je me suis souvent amusé à paraphraser Voltaire ("je ne crois pas à la démocratie, mais ne le dites pas à mon Valet, il me tuerait") ou à citer Churchill "La démocratie est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres". Mais cette position "en retrait" ne m'en laissera pas moins féroce à résister à toute forme de pensée totalitaire.

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 10:07

Il est des rencontres étonnantes, En réagissant à un propos de Jack London (cf; article précédant, "les réveils difficiles"), je reconsidérais ma pratique et plus largement l'actualité en effleurant de quelques digressions sommaires une thèse que j'ai trouvée confirmée et développée dans le livre de Yuval Noah Harari: "Sapiens, une brève histoire de l'humanité". Son postulat est le suivant: ce qui aurait assuré la supériorité de l'Homo Sapiens sur les autres groupes humains (révolution cognitive) serait sa capacité à fédérer et organiser des groupes de plusieurs centaines ou milliers d'individus en les faisant adhérer à une même croyance, Il distingue les mythologies comme principe fondateur et moteur essentiel des civilisations. Notre réalité quotidienne serait l'effet de fictions successives, retirez la fiction et la réalité se délite pour se reconstituer selon un arsenal mythologique nouveau.

Si je définis l'art comme l'expression formelle et synthétique d'une fiction fondatrice, je pourrais réécrire une histoire de l'art en occident (sans remonter à l'antiquité) selon cette classification:

  • L'art du moyen âge, expression formelle et synthétique d'une fiction religieuse.
  • L'art de la renaissance à la révolution Française, expression formelle et synthétique d'une fiction aristocratique et monarchique.
  • L'art de la révolution Française et de la déclaration des droits de l'homme à la fin du XIXe siècle, expression formelle et synthétique d'un fiction bourgeoise.
  • L'art de la fin du XIXe aux années 1960, expression formelle et synthétique d'une fiction révolutionnaire.
  • L'art contemporain, expression formelle et synthétique d'une fiction capitaliste et libérale.

Pour l'art contemporain, si l'on envisage la révolution opérée par Marcel Duchamp, on peut imaginer que la prescience de cette thèse lui fit mettre sa cuvette de chiotte dans les musées. L'art ne peut se considérer que du point de vue du regardeur à la condition que celui-ci participe de la même fiction que l'artiste, il n'aurait donc aucune valeur intrinsèque. Ceci expliquant cela, on conçoit aisément que le "marché de l'art" survalorise des actes créatifs dérisoires au prétexte qu'ils font écho aux mythes libéraux (Koons, Murakami and so on, ceux-ci ayant d'autant plus de succès qu'ils reproduisent dans leurs pratiques un process industriel).

Je dois partager avec Yuval Noah Harari et quelques autres des gènes Néandertaliens qui nous laissent rétifs à considérer ces réalités fictionnelles autrement que pour ce qu'elles sont. Dans ces conditions, difficile d'envisager d'inscrire ma pratique dans une supposée modernité (que j'imagine d’ailleurs dorénavant obsolète). En bon pragmatique, je reviens à un artisanat scrupuleux. Puisque le hasard m'a doté d'un certain talent pour la peinture, je l'exerce avec une application qui m’attira souvent les quolibets des Hérauts tardifs de la contemporanéité.

Dans mes citations picturales (Portrait d'innocent X de Vélasquez , assomption de Nicolas Poussin), il faut voir l'hommage d'un artisan à ses prédécesseurs et l'expression d'une certaine prétention (saurais-je le faire?), peut-être aussi un message prônant un rapport pacifié au passé en faisant fi de tout superlatif inscrivant radicalement les artistes dans les fictions que leurs sujets véhiculent.

Je dédie ce court et dernier chapitre à Eugène qui se posa la question "mais pourquoi a-t-il fait ça?".

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 09:40
Deux portraits,repros
Deux portraits,repros

Deux reproductions des portraits de Lorraine, à voir aussi sur thomaschevalier.tumblr.com. 89cm x 116cm / huiles sur toile, 07 2015 / 08 2015.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 19:35
les réveils difficiles

Ci-dessus une image du dispositif à Troyes, j'y reviendrai. faisant suite, quelques photos saisies pendant que Françoise, Dominique et William préparaient le petit hommage à Mimi Lorenzini où se succèderont des musiciens proches. Un vrai plaisir de les voir tous et les entendre.

les réveils difficiles
les réveils difficiles
les réveils difficiles

Trève d'album de famille....

Pour revenir à ce dispositif à Troyes, j'ai profité d'une de ces vagues oportunités pour présenter mes toiles de ces trois derniers mois (à l'exception de deux petits drapés en grisaille réalisés antérieurement), Au regard de ce que j'ai mis en oeuvre, c'était tout à fait dérisoire... Pour continuer à travailler, on fait fi des contingences, on se dit qu'il faut répondre à ses propres exigences malgré l'inconfort, l'absence de moyens et la certitude qu'il n'y aura qu'un très faible retour... L'excitation de la mise en oeuvre passée, les réveils sont difficiles... 

En relisant le livre de Jack London, "Les mutinés de l'Elseneur" (faites excuse, je garde un appétiit d'enfant pour les livres d'aventures maritimes), j'ai été frappé par l'un de ses propos faisant remarque de l'impossibilité humaine à considérer les choses et les évènements dans leur réalité la plus stricte. Il distinguait la mystique, non pas comme une qualité mais comme un trait de caractère incontournable, un vice de forme en quelque sorte, une incomplétude humaine. Propos désabusé d'un écrivain fatigué de ses combats rédigeant son dernier roman ? Toujours est-il que l'idée m'a frappé. J'ai d'abord pensé à l'actualité de ces jeunes gens qui se font sauter la gueule en flinguant leurs congénères au nom d'une idée folle, d'une légende certes riche en enseignements, mais qui n'en reste pas moins une légende (réduite à quelques dogmes simplistes et mots d'ordre meutriers). Puis je me suis demandé quelle était la différence, en dehors de toute hiérarchie, entre cet aveuglement et mon investissement dans ma pratique, envisageant le poid de la croyance qui m'anime pour que je continue à imaginer sans cesse de nouvelles peintures, de nouveaux projets dans une absence de perspectives évidente. La peinture est un sacerdoce, je le répète à qui veut l'entendre, est-ce que j'ai le choix de ne plus y croire ? depuis des années, elle structure et oriente toute mon existence. Dans la même perspective, je me suis amusé à considérer toutes les pratiques humaines  avec le vertige de voir le monde, l'actualité, se déconstruire en me renvoyant sèchement à un sentiment d'absurdité, a-t-on le choix de ne plus y croire ?

Au sujet de ce livre de Jack London -oublions mon désabusement- j'ai été frappé par ses propos sur "la supériorité des officiers du gaillard d'arrière sur les marins de pont" désignés comme stupides ou, au mieux, d'une intelligence malfaisante et pervertie et son antisémitisme convaincu. Comme la préface le précise, puisque Jack London était socialiste, "ces idées étaient bien reçues à gauche" ce qui nous laisse éprouver le bain idéologique de l'époque, le livre a été publié aux Etats-Unis en 1914 et en France en 1930. A ce compte, on peut considérer que l'avènemment du nazisme aurait pu survenir à peu près dans n'importe quel pays de notre cher occident. Et comment l'idéologie qui nous mène aujourd'hui sera vue par les générations futures? A-t-on même la possibilité de la décripter ou vit-on toujours dans la certitude de fausses évidences et nous épuisons-nous en des combats dérisoires et meutriers.

Bonne nuit à tous.

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:18
Poussin remix (ou du plaisir des drapés)
Poussin remix (ou du plaisir des drapés)

Voilà mon "Nicolas Poussin remix" à peu près terminé. J'ai pris un de plaisir d'écolier à travailler à partir de son tableau, En fait, je compose avec plusieurs motifs en idée fixes parmi lesquels, les drapés et les objets en suspension, il n'était pas étonnant que se manifeste l'envie de reprendre cette assomption. mais ce qui me frappe le plus dans cette petite aventure c'est que le vieux maître m'a ramené à un désir de couleurs.Je ne peux cependant pas envisager de présenter ce travail sans le mettre en perspective avec une oeuvre personnelle et c'est évidemment le drapé qui fera le lien. En projetant ce travail, j'avais réalisé ce petit document (dans lequel l'assomption est bien celle de Poussin retravaillée à l'écran par mes soins) :

Poussin remix (ou du plaisir des drapés)

Le grand drapé (à droite du Poussin sur le document), je l'ai ébauché pour partie aujourd'hui. Je suis fasciné en ébauchant ainsi à l'acrylique d'un léger jus terre d'ombre de réaliser à quel point ce simple travail à de réalité. Je l'avais constaté par accident il y a trente ans en réalisant à l'arraché une découverte (une ouverture de porte) pour un décor au théâtre de l'aquarium . Il fallait évoquer un extérieur de neige, le décor ne prétendait pas au réalisme et je ne disposais que d'une demi-journée pour l'exécuter. J'ai simplement évoqué un arbre sur fond blanc à l'encre de chine et fond perdu. Il n'y avait pas de gris, juste le blanc et noir. Le truc en place et dans la lumière, l'image ateignait un niveau de réalisme auquel je n'aurais pu prétendre avec un traitement méticuleux.

Poussin remix (ou du plaisir des drapés)

Je le reprendrais cependant à l'huile malgré mon désir de préserver cette légèreté, sinon, il ne tiendra pas la confrontation avec les couleurs pleine pâte du "Poussin remix".

 

Erratum : Dans mon précédent article, j'ai parlé des journées du patrimoine, je suis en fait invité parmi d'autres à une manifestation organisée par une association (La tête en fête) qui se préoccupe d'animations culturelles dans le quartier dit "de la tête du bouchon" à Troyes. Nous nous présenterons le 19 septembre avec Norbert sous la verrière de la cour du "Cellier Saint-Pierre", en face de la cathédrale).

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