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  • : La destination de ce blog est d'être une sorte de journal intime de mon activité d'artiste peintre. J'ai ouvert un deuxième blog, thomaschevalier.tumblr.com, qui ne comportera que des images.
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:48

Enfant, j'avais une fascination pour une image d'un fascicule publicitaire d'imprimeur, une reproduction d'une oeuvre de Mark Rothko. Le petit livre restait ouvert à cette page dans la bibliothèque du bureau de mes parents et m'accrochait l'oeil à chaque passage.

Mon grand-père peintre faisait à la même époque une peinture abstraite. mais je me souviens qu'à la fin de sa vie, il ne trouvait plaisir qu'en exécutant des "à la manière de" inspirés des hollandais du XVIIe, des petits paysages.

Ces digressions préliminaires pour bien préciser que l'abstraction est une forme picturale qui me fut toujours familière. Je me souviens d'un échange avec Marcel Van Thienen, sculpteur et musicien, qui travaillait de grandes structures mobiles réagissant au vent, également préoccupé des mouvements aléatoires dans ses recherches musicales. La discussion portait sur les peintres de la figuration libre (nous étions en 1980) et son jugement était pour le moins lapidaire, "c'est de la merde". Marcel devait avoir soixante et quelques années à cette époque, il réagissait avec l'intransigeance de ses contemporains pour lesquels l'abstraction était l'aboutissement d'un long processus et rendait obsolète toute nouvelle tentative de figuration. La même intransigeance, je la trouverai plus tard chez les défenseurs de l'art conceptuel et les obsédés de la "modernité" post duchampienne. Comme si l'histoire avait un sens... Comme si l'histoire ne suivait pas ce mouvement aléatoire cher au coeur de Marcel. C'est Egon Schiele qui disait que l'art n'est pas moderne, mais de toute éternité. Que la peinture supplantée en représentation par la photo ait eu à faire la preuve de sa spécificité, c'est dans l'ordre des choses, et si on veut bien y réfléchir, que cette volonté ait abouti au monochrome ou aux châssis retournés de support / surface n'est pas si surprenant. Mais maintenant, si l'on aime l'huile, son odeur, le châssis entoilé, quoi faire qui puisse faire suite à ces postures radicales? Nib! Sinon d'oublier les oukases de l'art contemporain et de chercher du côté de la singularité de son regard. La peinture qui s'inspire d'elle même ne m'interresse pas, le monde m'interresse. Quelque fois, par goût des matières, il me prend d'exécuter quelques oeuvres abstraites, mais rapidement, les formes s'épuisent, les gestes se systématisent et je reviens toujours à la figuration. Il y a un "challenge" dans cet exercice, le souci de représenter par exemple la brillance laiteuse d'une tasse de porcelaine est un "challenge", la représentation nous force dans nos limites. J'aime une certaine humilité face au monde, les grands gestes ne m'interressent pas pour moi-même, j'aime une démarche progressive et tatonnante qui ne se préoccupe pas de s'affirmer dans un style. Le style, s'est sa personnalité, on ne choisit pas d'être singulier, si on l'est, ça transparaitra quoi qu'on fasse. C'est le travail du "regardeur" de trouver la cohérence. Exercer dans une forme précise, manifeste, c'est la tentation de nombre d'artistes (je me souviens d'Arman confessant qu'il avait d'abord cherché une forme pour l'identifier à coup sûr) et si il a pu m'arriver d'y succomber, mes mains, mon goût m'ont mené ailleurs. Je voudrais que ma peinture traduise mon rapport au monde, la tendresse que je peux éprouver pour une attitude, un visage, un jeu de lumière sur un paysage, une arabesque ou la vitalité d'un trait.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 19:06

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huile sur toile, 145 x 114, 2011.

Les obsèques de mon ami Mimi ont eu lieu. Nous nous étions rencontrés par le hasard d'un voisinage quand j'ai emménagé la maison de Marcilly, notre amitié s'était construite dans la chaleur de ce rapport informel, de ceux qu'on ne développe que dans un cadre rural, dans un village, où l'on s'arréte chez l'un ou l'autre en allant à la boulangerie ou en promenant son chien, et que ce rapport eut la possibilité de déboucher sur une collaboration le rendait plus précieux. J'habitais la maison depuis peu de temps, Ann Ballester a frappé à ma porte pour se présenter et me parler de l'association MusiSeine, puis Mimi et Françoise ont suivi quelques jours après. Hier, aux obsèques, Françoise m'a confié que Mimi lui avait alors dit, et pour l'imiter, elle prit un semblant d'accent du midi, "allons voir ce peintre, là, ce Thomas Chevalier". Il faisait beau, nous nous étions assis devant la porte de l'atelier, à l'extrémité du petit jardin. Françoise arborait un rose à lèvre tyrien sous une frange de cheveux noirs coupée droite qui lui mangeait le front sur le fond vert brillant de la vigne-vierge. 

En décidant de quitter Paris, j'avais délibérément choisi de ne pas trop m'éloigner de la capitale, bien m'en a pris: la vie culturelle est quasiment nulle dans cette partie de la Marne, mais j'imagine que c'est le cas dans bien des ruralités. On y confond souvent culture et divertissements, sport ou travaux sociaux. Il y règne le conservatisme des isolés, beaucoup de ses habitants bornant leur curiosité à quelques aprioris lapidaires sur ce qui n'appartient pas strictement à leur quotidien. Par un curieux retour des choses, cet état d'esprit à sa contrepartie chez ceux qui ont compris qu'à cet endroit, du fait même de son isolemment, s'offre un espace de liberté. C'est d'argent, dont je parle, car on y dépense en une semaine l'argent à peine nécéssaire pour une journée parisienne. Mimi était de ceux là, MusiSeine, l'association qu'il avait créée avec Ann Ballester, permettait de porter des projets de musiciens professionnels. Les concerts se donnaient où il était possible de les organiser, dans des conditions de confort et d'esthétique souvent déplorables, mais Mimi était attentif à composer au mieux avec les inconvénients accoustiques des lieux. Rendre hommage à Mimi, c'est rendre hommage à tous ces gens, artistes ou autres, qui se battent sans compter leur temps, souvent bénévoles, pour faire vivre leurs régions. C'est peut-être aussi s'interresser à ce que la vie associative génère comme projets culturels, souvent pseudo culturels, mais parfois les meilleurs. Les concerts organisés par MusiSeine ne m'ont jamais déçu, que Mimi y participe ou pas. Plus, notre proximité m'a permis une ouverture sur le domaine de la musique de Jazz et improvisée, je dois à cette proximité d'y avoir développé de belles amitiés.

La province interresse la branchitude pour la verdure et les vides greniers. Puisque le goût de chiner se porte bien, au moins pourrait-il s'étendre au-delà d'accessoires d'une antiquité de vingt ans d'âge.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 13:42

Mon ami Mimi Lorenzini est mort brusquement vendredi 12 décembre. Il était de mes plus tendres et proches amis.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:46

Quelques images de mes travaux de ces derniers mois. Pour les deux dernières monstrations, dans ma région et au salon MAC Paris 2014, j'ai assemblé les châssis en séquence ainsi que je l'avais précisé dans un article précédent.

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Ces cinq huiles sont toujours dans ce même format, 116 x 89.

L'image suivante reproduit deux compositions superposées. J'avais d'abord réalisé le crâne d'après un modèle que ma compagne avait trouvé dans la forêt en promenant Jules-le-chien. Il me parassait un peu seul dans le cadre du tableau mais la manière dont j'avais appuyé mon sujet de deux aplats de noir m'a inspiré ce jeu de lignes me permettant de lui associer une nature morte dont le denuement renvoie à celui du crâne. Malgré que la réalisation du deuxième tableau ait été différée, ils vallent maintenant comme un tout, ce qui n'est pas le cas des tableaux représentés plus haut qu'on peut tout à fait dissocier.

 

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(chacun des châssis en format 116 x 89)

J'ai une affection particulière pour les deux portraits de Juliette. Juliette est la fille de ma compagne, en la prenant comme modèle, je me suis exposé aux critiques croisées de sa mère ("Mais elle est la chaire de ma chaire") et de sa grand-mère ("j'aime la facture, mais ce n'est pas elle"). J'ai remarqué que cette tentative d'une représentation fidèle dans l'exercice du portrait exposait plus à la critique que si l'on exécute un travail plus stylisé. Je suis peut-être maladroit, finalement, mais pour ne pas trop malmener mon égo, je me plais à penser que l'image que nous avons de nos proches se construit dans une synthèse d'images superposées, une expression d'eux en évoquant d'autres antérieures. En travaillant, on fige une expression particulière, il n'y a plus rien de la mobilité d'un visage, cette mobilité même qui nous est familière. J'en veux pour preuve que si nous les identifions, nous reconnaissons rarement nos amis sur une photo.

Juliette me touche, d'autres me touchent aussi de ces âges, post-adolescents, un certain désarroi, une interrogation aigue sur ce que le monde donne à voir, une angoisse de ne pas y trouver sa place ou à l'inverse, la fraîcheur d'un sourire, sa spontanéïté, la manifestation de l'enfant qu'ils sont encore. Ce sourire, je l'ai trouvée chez Clémentine, j'ai bien l'intention de la portraiturer quitte à m'exposer à nouveau aux critiques de ses proches.

 

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Les traits bien dessinnés de Juliette me donnaient envie de la portraiturer en estampe, à la manière des estampes japonaises où le dessin en noir se superpose à un léger lavis à l'amidon de riz. Je manque évidemment de pratique pour être capable de réaliser à la gouge sur bois de merisier ces courbes gracieuses d'un trait assuré (il faudra bien que je me décide à faire cette tentative, résoudre cette difficulté majeure, évider le bois autour d'un relief de la finesse d'un cheveux, puisqu'en gravure sur bois, c'est le relief qu'on encre). Si j'ai pris le parti de ces fonds clairs, d'un effet légèrement surexposé, c'est en raison de cette intention initiale. J'ai réalisé un troisième portrait de Juliette, de profil et cadré très serré dans l'idée de pousser plus loin mon idée. Je ne vous livre pas l'image, je ne suis pas assez satisfait du résultat.

A la suite, d'autres reproductions de travaux récents.

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Celui-ci m'amuse pour le contraste entre une représentation très graphique des fonds (silos d'Anglure, à quelques kilomètres de l'atelier) et ce bonhomme surpris alors qu'il quittait son lieu de travail. J'ai réalisé la photo qui m'a servi de modèle à la volée pour constater en l'étudiant plus précisemment qu'il tenait une bouteille de vin rouge à la main. Quelqu'un m'avait dit qu'il aurait acheté le tableau si il n'y avait pas eu la bouteille alors que c'est cet objet qui provoqua le désir d'en faire un tableau. Les gens prèférent en général des compositions qui ne sont qu'un exercice graphique, j'ai constaté qu'un tableau abstrait se vendait plus aisément qu'un portrait. Beaucoup de gens sont génés par l'expression d'une humanité. Lui donner droit de cité dans un intérieur, c'est comme une intrusion dans leur intimité. A ce sujet, je pense à cet ami qui m'avait acheté un portrait de jeune fille, en pied, frontal, et légèrement surdimenssionné (2m20). Il l'avait accroché au dessus de sa table de salle à manger. C'était la représentation de la fille d'une amie qui bourrait un oeil noir, sans concession, je l'avais figurée de manière que son regard épingle le regardeur, droit dans les yeux. Cet ami m'a raconté plus tard que certains convives étaient à ce point impressionnés qu'ils baissaient les yeux et que les conversations tournaient court. 

 

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J'ai du déjà présenter celui ci dans ces pages. Il est peut-être le premier de ce qui pourrait être une série. Il représente un sol. Dans son traitement, il me ramène à un exercice pratiqué dans les ateliers de peinture de décor de ma jeunesse, un plaisir pur de travailler des matières complexes, des transparences (faux bois, faux marbres). Je m'amuse qu'une représentation scrupuleuse puisse sembler un exercice d'abstraction pure.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 15:10

pseudo intelectuel, pseudo artistique, pseudo culturel, pseudo professionnel... C'est incroyable la faune qui fourmille autour d'artistes en mal de reconnaissance, galeristes improvisés, associations multiples, institutionnels blasés, experts bidons, commissaires priseurs de mes deux et arnaqueurs à la petite semaine, tout ce beau monde tout à fait inapte à reconnaitre une croûte pour ce qu'elle est. Comme une mafia se nourrit de la misère du monde, cette engeance profite sans vergogne du désarroi d'artistes qui ont eu le malheur de croire que leur travail vallait qu'on s'y interresse.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:01

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 02:28

La veille avait été un lamentable ratage. Je m'étais trompé d'un jour pour ce rendez-vous à Paris, à un peu plus de cent kilomètres de la maison. Nous étions mardi, les musées sont fermés. Désoeuvré, J'étais allé baguenauder dans le Marais où j'ai perdu l'automobile, impossible de me souvenir où je l'avais garée. Le soir, quand j'ai retrouvé Valérie et que nous sommes allés dîner, j'ai oublié mon téléphone mobile sur la table du restaurant et au lendemain, à l'entrée du musée d'Orsay, en sortant mon portable, j'ai perdu mon ticket de parking qui se trouvait dans la même poche. Le plus drôle, c'est que Arlette m'avait raconté que Jean avait aussi perdu un ticket de parking de la même manière comme pour me dire que ce n'était pas grave d'avoir égaré mon auto, "ça arrive, Jean, par exemple..." et voilà, dés le lendemain, je fais la même connerie...

Bref, Chassériau...

Je ne viens pas si souvent à Orsay, trop de monde s'y presse et les circulations n'y sont pas faciles. Mais j'aime y voir "la source" de Ingre et le marbre de Clésinger, peut-on être amoureux d'une femme de marbre? Piquée par un serpent, de surcroît. A cette occasion, je voulais voir Manet, mais je me suis attardé devant les toiles de Gérôme et de Chassériau. Impossible de ne pas être sensible à la qualité picturale de leur peinture, un artisanat parfaitement maîtrisé. On y a vu de la raideur, ils ont été largement déconsidérés par un siècle qui pensait la technique superfétatoire mais pourtant, il y a tant de douceur dans les modelés, la matière est délectable et les teintes délicates. Je me souviens avoir travaillé sur quelques toiles pour Louis Cane, un pape ou deux pour suivre une tradition des peintures de papes, de Vélasquez à Francis Bacon. " Et tu me mets que du rouge et du blanc dans les drapés, pas de noir! putain de bordel",un crève coeur, et pourtant, qu'avait-il ouvert sur une desserte de l'atelier ? un ouvrage de reproductions des peintures de fleurs de Manet. Du rouge et du blanc ? Pour me venger, j'ai fait le mien, de pape, plus qu'inspiré du portrait d'innocent X de Vélasquez et si je lui ai fait une tête de mort, c'est que ça lui allait bien.

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Peut-on aimer la peinture sans avoir le goût de la matière ? la fascination des couleurs qui fusent, de l'effet d'un coup de pinceau dans la pâte, la magie d'un glacis. Louis aime bien les peintures à grands gestes et les surfaces salopées, on n'a pas été de "support surface" pour rien, mais quand il travaille ses meubles, il fait réaliser des laques délicates et des marqueteries sophistiquées, des heures de boulot. Il n'y a que les imbéciles pour penser que les manifestes sont définitifs...

Et voilà un mystère : J'ai quitté Orsay pour la maison rouge, j'ai une affection particulière pour le lieu d'Antoine de Galbert, et moi qui me suis délecté de la sophistication des peintures de Chassériau, je me délecte à cet instant de tout ce fatras contemporain, inorganisé mais évidemment choisi, et la froideur de l'algorithme qui détermina le bordel n'y change rien : il y a évidemment un sentiment, une intention qui présida au choix de chacune de ces oeuvres. Mystère d'aimer ça et son contraire ? Mystère de mon goût des graffitis et du plaisir éprouvé devant les Chassériau ?

Le goût de la matière... La matière d'une mauvaise feuille de papier tachée d'encre, la matière d'un mur dégradé où vient s'inscrire un trait incertain, une expression naïve et brutale, une bite avec une paire de couilles, la matière d'un aplat parfaitement à plat, la matière de couches et de couches de peinture superposées.

le goût de la forme... Une forme parfaitement maîtrisée, une belle arabesque, un trait volontaire, un trait hésitant à l'encre de chine sur un japon où l'incroyable beauté de cet endroit où le pinceau s'est levé de la feuille et de l'empreinte qu'il y a laissé. C'est ça, une "oeuvre" ? Y préside le goût de toutes ces choses PLUS une personnalité, évidemment, et un savoir faire, quel qu'il soit.

C'est la leçon de l'art brut, puisqu'on en parle et que des trous du cul justifient d'infâmes croûtes en prétendant à l'art brut. Je me souviens de l'incroyable délicatesse et de la qualité picturale des oeuvres découvertes à la fondation Dubuffet à Lausanne, la qualité des tons d'Aloïse dans ce délire pictural au sujet du Sanssouci (Aloïse aussi dans la collection d'Antoine de Galbert) le délire et la forme parfaitement détourée constituée d'une multitude de microscopiques motifs multicolores d'un panneau décoratif de Lesage (aussi chez Antoine de Galbert) ou les grandes bandes aux personnages décalqués puis redécorés et munis d'attributs tour à tour masculins et féminins de Darger : Le goût de la matière (papiers récupérés, bois grossiers, stylos bic et crayons de couleurs, Aloïse privée de tout moyen de dessiner tentant d'utiliser du dentifrice), le goût des formes (centrées, morcellées, répétées, enchevêtrées), et une personnalité d'autant plus complexe que perturbée et un indéniable savoir faire (dieu que ces artistes sont méticuleux).

Donc, de Chassériau à la collection Antoine de Galbert, je trouve la cohérence, mais de Chassériau à Buren ou Philippe Parreno, ou Loris Gréaud, la démonstration ne tient plus. Leurs oeuvres en imposent par la sophistication des moyens techniques mis en oeuvre, plus rien de ce dérisoire des tentatives d'un être seul manipulant ses matières. On est dans un process industriel, managèrial, on ne s'étonnera pas qu'ils soient portés au pinacle dans nos sociétés industrielles. Et même si ils s'appellent Damien Hirst, ils sont trop intégrés pour prétendre au scandale. Il y a plus de provocation dans le Christ allongé de Hans Olbein que dans un crâne couvert d'or de Hirst (c'était de l'or?). A mon sens, ces artistes appartiennent à une autre catégorie, ce sont des scénographes, ils me rappellent aux pratiques de mes années passées dans les ateliers de décor où s'activaient peintres, staffeurs, menuisiers, machinos.

Je me souviens aussi des incroyables budgets qui s'engouffraient dans ces entreprises.

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 10:24

Hier soir, j'ai publié ce texte ("je suis un blogueur lamentable") dont je réalise qu'il contredit l'article écrit à l'occasion de ma dernière expo à Beaurepaire. Je n'en suis pas à une contradiction près... En 2013, je prétendais à une rupture dans l'orientation de mon travail; de rupture, je ne peux plus prétendre qu'il y eut, tout au plus est apparu mon goût pour le symbolisme. Décidemment, le XIXe me travaille au corps. Adolescent, je me souviens d'avoir eu infiniment de plaisir à la contemplation des réalistes de ce siècle, Corot, Fantin Latour, Manet, Whistler, avec une fascination particulière pour Gustave Moreau dont je me souviens qu'il fut le maître de Matisse et Rouault. A considérer sa manière de travailler, je me désespère de ne pas avoir sa capacité d'ébaucher abstrait en gestes libres, au couteau, et de ramener la figure après coup, dans le respect de la composition initiale. Dans ma pratique, et l'utilisation de la photo et du traitement d'image n'y sont pas pour rien, je saute cette étape de l'ébauche. Je mets en place une image à l'écran et je l'exécute, quitte à la corriger longuement par la suite, souvent en "aller-retour" entre l'écran et la toile, du coup, il me manque cette richesse d'une toile "nourrie". Des années passées à travailler en atelier de décor, la seule formation à laquelle je puisse prétendre sont sans aucun doute à l'origine de ma pratique.

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 18:27

Je suis un blogueur lamentable. Combien de temps depuis mon dernier article? N'y pensons plus... Ces deux années furent largement perturbées, celà dit à ma décharge. Ceux qui me sont proches s'en souviennent. Mais à dire vrai, l'utilisation de cette petite machine vieillissante (un ordinateur) qui trône sur un bureau, si je comprends bien qu'elle est nécessaire, me répugne un peu, sauf en traitement d'image, bien sûr. Les perturbations ci-dessus évoquées ont été le terme d'un long et difficile parcours au cours duquel se renforçait en moi la conscience qu'il ne fallait se préoccuper que de l'essentiel et je compte comme essentiels le rêve éveillé, le sommeil, l'amour et l'amitié et le travail dans la mesure où il s'accomplit plaisemment, tout le reste n'est que basse cuisine ("de la musique avant toute chose et pour celà préfère l'impair...").

Hors donc et subséquemment, en raison même des circonstances et du constat évoqués, je vous fais l'aveu de me sentir de plus en plus étranger aux préoccupations du "monde de l'art". Tous ces débats sur la question de la modernité, les oukases de l'art post-duchampien me fatiguent. Je suis peintre. J'ai bien tenté de ne pas l'être pour échouer dans cette tentative. Depuis mon enfance, la peinture me colle aux doigts, voici des années que je m'y suis résolu et que je sois un bon ou un mauvais peintre n'y changera rien. Dans cet exercice, j'ai du constater que je ne me sentais à l'aise que dans une expression multiple, essentiellement figurative malgré des réalisations abstraites. Je suis animé, mais peut-on prétendre à la peinture sans cette prétention, par le désir de "faire oeuvre". La perspective tendrait à me forcer au choix d'une ligne plus aigue pour donner de la cohérence à l'entreprise... Faites excuse, je n'en ferai finalement rien. J'ai la prétention de croire que la diversité de mes images en est un trait essentiel, en les donnant à voire bout à bout, j'aime croire qu'elles racontent une histoire, selon la formule d'un ami très cher, elles témoignent de "ma petite musique intérieure". A ce jour, deux échéances, un accrochage chez Anne et Claire (à la Table de la Chalmelle) dans ma campagne d'accueil pour les proches et mes voisins et ce salon MacParis auquel j'avais participé l'année dernière dans les tourments de ma santé déclinante. Pour y répondre, avec l'ambition de faire démonstration des sus-cités propos, j'ai travaillé avec la seule contrainte d'un format unique (châssis 50 figure, soit 116cm x 89cm, le format maximum que je puisse charger dans ma petite auto)) dans l'idée de les présenter bout à bout, en séquences. Je reproduis ici quelques uns de mes travaux les plus récents.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 17:24

Hier, le dossier de demande de contributions pour mon exposition avec Vincent a été mise en ligne. Je ne suis pas en avance, dix jours de retard, pour être précis, selon le planing que je m'étais donné. J'ai l'intention d'utiliser mon blog en relais du dossier kisskissbankbank pour un complément d'images et que vous puissiez suivre l'évolution de mon travail. Ce premier article est en quelque sorte un état des lieu à cette date.

Marcilly sur Seine le 21 08 2013.

Sur kisskissbankbank, le nom du projet : exposition, l'ange et le coléoptère

 

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Les deux montages de petits format qui suivent sont les premières images que j'ai produites dans le but de mon exposition. Le texte qu'ils intègrent est évidemment autobiographique puisque mon intention était alors de mettre en relation mon projet et ce que je vivais. Elles sont réalisées à l'aquarelle en tout petit format. Cette idée de travailler une thématique à ce point personnelle, je l'ai rapidement abandonnée, mais cette intention initiale est sans doute à l'origine d'un changement radical dans l'orientation de mon travail. J'ai clos à cette occasion une période où je traitais un réalisme scrupuleux, matiné d'une certaine poésie, telle était en tout cas ma préoccupation et selon la formule d'un peintre de rencontre, formule dont je lui fut gré.

 

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A l'occasion de ce travail initial, j'ai beaucoup crayonné en donnant libre cour à mon goût du symbolisme et réalisé des collages succincts. J'en est retenu deux pour réaliser "Little game with an angel" et une première version du Prométhée.

 

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L'huile sur toile que je reproduis à la suite a été réalisée cojointement, sur une impulsion initiée par un désir de gestes libres et de couleurs. Je l'ai d'abord intitulée "Bloody inner" en référence à une hémorragie qui me mis HS en 2008 et qui marqua le premier incident d'une suite qui m'a pourri quelques années de vie. La référence directe à des moments de souffrance était une impasse, je voulais retrouver une certaine légèreté et ne pas me laisser contraindre par une intention morbide. A la suite, j'ai mis en chantier "innocent game / Diego in memoriam", une évocation du portrait d'innocent X de Vélasquez, ma version d'un standard, en quelque sorte. Le "cornuto" qui s'est substitué au visage du pape est un motif qui m'accompagne de longue date pour se rappeler à moi à quelques occasions. Il est inspiré d'un crâne océanien, pour autant qu'il m'en souvienne, qui m'avait frappé pour sa force d'évocation. Une version en gros plan trône dans mon salon depuis des années réalisé de mémoire et agrémenté de clous et de ficelles.                                                                    

 

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J'ai continué dans cette voie, entre abstraction et figuration, j'ai suivi ma petite musique intérieure en dehors de toute contrainte. Bram Van Veld ne disait-il pas que la peinture est le domaine de la plus grande liberté ?

 

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Et évdemment, le tableau qui donne son titre à l'exposition. C'est une rélisation très récente. A la suite, un dernier pour la route puisqu'il s'intitule "Mon pyjama voyage en Chine" Je ne suis pas ûr qu'il soit tout à fait terminé.

 

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